Ma dope s’appelle ristretto

Je suis tolérant mais j’avoue à avoir du mal à comprendre le matin les gens qui commandent devant moi des cafés allongés, flat white et autres americanos, etc. Ils repartent avec un gobelet qu’ils sirotent longuement tout en marchant.

Non, non, non ! Je suis désolé mais le café quand il est bon ne s’apprécie qu’en shot court.

Ristretto per favor!

Ce que je pense des intuitions

Il paraît que je suis un intuitif. J’aime penser que je suis un être rationnel mais j’ai compris que la rationalité venait souvent après que la décision soit prise, pour la confirmer.

Mais c’est quoi l’intuition ?

On a raison de s’en méfier, l’intuition est une porte qu’on laisse ouverte sur l’inconscient.

Il paraît que notre cerveau conscient, ne représente que 10% de notre cerveau. Les 90% ne sont pas inactives, bien au contraire mais comment les écouter, utiliser ? Ce cerveau enfoui laisse passer des indices. Ce sont les rêves, les lapsus et probablement aussi les intuitions qui nous font juger une situation, une personne.

Sans doute que comme pour les rêves, il ne faut pas prendre les intuitions à la lettre, mais plutôt pour un indice, une indication que quelque chose est juste ou ne l’est pas.

C’est dangereux si on les écoute sans les analyser. Certaines intuitions permettent de sauver des situations, détecter un mensonge par exemple mais d’autres font juger à l’emporte pièce, injustement.

Être intuitif c’est écouter ce que disent nos “tripes” car souvent on sait inconsciemment ce qu’on pense d’une personne, une situation, un problème. Il ne faut pas prendre les décisions sur la base de ses intuitions mais prendre le temps d’analyser ce qu’elle nous disent.

Un bon exemple est le recrutement. Embaucher quelqu’un c’est vérifier que la personne a les compétences requises pour le poste. C’est entièrement mesurable et testable. Mais c’est aussi prendre le pari que l’attitude sera la bonne dans la durée, que le relationnel sera bon avec l’équipe… les intuitions nous disent beaucoup.

Sur l’attitude et le relationnel, on n’a que quelques signes. Il y a bien sûr l’enquête que l’on peut faire auprès d’anciens employeurs ou anciennes équipes. Mais c’est souvent insuffisant et on prend la décision avec une part d’incertitude.

Les intuitions sont des indices. Bien employées ils peuvent guider vers des questions que l’on n’aurait pas posées autrement. Mais si on se laisse emporter par elles, qu’on ne prend pas le temps de les analyser, on tombe dans le travers des décisions irrationnelles, des préjugés, etc.

Arbres et capital

Ce matin au marché d’Aubagne un retraité m’accoste. C’est le parti des ouvrier ou quelque chose du genre (?) qui appelait à réagir contre Macron qui serait en train de détricoter les retraites. Il m’explique qu’il est plus juste que les jeunes paient la retraite des plus vieux, que le pire à venir est la retraite par capitalisation.

Capitalisme

L’étymologie du capital nous parle de têtes et de cheptel. Quand le compte en banque n’existait pas, on investissait dans un troupeau en achetant simplement quelques bêtes qui rapportaient des intérêts en grossissant et en faisant des petits. C’est ce que faisait le papa de Tatiana qui achetait un veau quand il avait un peu d’argent d’avance.

Côté paternel, dans ma famille des Vosges la tradition était plutôt dans la forêt et les anciens avaient pour habitude d’investir leurs surplus dans des parcelles de bois. Ça servait à la fois d’épargne et d’assurance. Les arbres poussent tout doucement mais l’essentiel était d’avoir toujours la capacité de faire des retraits en cas de besoin, c’est à dire d’avoir toujours des arbres prêts à couper.

Cette vision m’étonnait quand enfant j’aidais mon grand père à planter des arbres. Je me demandais pour quelle raison il se fatiguait ainsi alors qu’il ne les verrait jamais assez grands pour en profiter.

Nous n’avons plus toutes ces forêts mais j’en garde la conviction qu’il est de ma responsabilité de toujours capitaliser.

La différence entre comptabilité et gestion

Encore une belle erreur ou une belle leçon que je n’ai pas encore totalement digérée.

En démarrant un business, l’erreur fréquente est d’attendre de son comptable une aide pour organiser la gestion de son entreprise. Bien trop souvent, les experts-comptables ne le font pas et se cantonnent à exercer l’activité qu’ils ont apprise : tenir les livres légaux et faire les déclarations fiscales (et celles que l’on appelle sociales en France).

C’est bien dommage car l’entreprise manque tellement souvent d’une véritable direction financière, de conseils pour construire son cash-flow et comprendre son activité, ses marges, ses budgets…

Le métier de comptable se transforme, les tâches les plus basiques comme la saisie d’écritures sont de plus en plus automatisées. Cela va faire mourir certains cabinets mais va donner à d’autres l’occasion de se positionner sur ce conseil qui manque tellement souvent.

Je ne l’ai pas lu

Et pourtant c’est un livre qui m’a beaucoup influencé. La 3e vague.

J’étais trop jeune mais c’est un livre qui avait animé quelques conversations de table à la maison et la description qu’en faisait mon père m’a marquée:

La première vague, c’est la révolution agricole. On est passé au néolithique et on a changé de paradigme.

La révolution industrielle est la deuxième vague, nouveaux paradigmes.

Ce que Alvin Toffler décrit dans la 3e Vague ressemble beaucoup à la révolution que nous sommes en train de vivre, celle de la société de la connaissance.

Je viens d’en commander un exemplaire car il est temps de le lire ou le relire.

Takimi

60,000 heures, c’est beaucoup plus que les fameuses 10,000 heures de pratiques nécessaires pour atteindre l’excellence selon Robert Greene ou Malcom Gladwell.

Je regarde assez rarement les films dans l’avion. Manque d’intérêt de ma part et je préfère profiter du temps de vol pour ouvrir un livre.

Mais la semaine dernière Air France m’a fait un beau cadeau : parmi les premiers films proposés, une pépite de documentaire.

La bande d’annonce :

Un paradoxe de notre époque où les robots et l’intelligence artificielle menacent de prendre nos emplois, ce film décrit comment le travail est aussi une manière de donner du sens.

L’e-mail, cet irritant

Pour le retour de vacances, il va falloir affronter un monstre qui a eu du temps pour grossir, se renforcer, je veux parler de la boîte mails.

Dans le monde de l’entreprise, l’email s’est vite fait une place de choix. Mais ça ne s’est pas fait sans travers.

D’abord c’est un mauvais outil de partage d’informations et d’archivage puisque seuls les destinataires actuels auront l’information. Information qu’il faudra rechercher et partager avec les nouveaux venus.

Une meilleure manière est de créer des documents et de les partager sur Google documents ou n’importe quelle plateforme comme Basecamp ou autres.

J’en ai parlé plusieurs fois sur le blog, ici et par exemple. Et l’autre jour, je suis retombé sur un post invité de Leo Babauta sur le blog de Tim Ferriss.

Léo. Babauta qui est un champion de la simplification propose un petit site sur un concept : 5 sentences.

C’est vieux comme idées mais encore bien peu appliqué. S’il vous plaît ayez une pensée pour vos destinataires et en lui faisant gagner du temps, c’est tout le monde qui en bénéficie. Les grands principes sont donc toujours :

  • Faut-il mettre tout le monde en copie?
  • Que puis-je couper pour le rendre plus concis ?

Le quadrant de Rich Dad

Père Riche, père pauvre

Encore un livre qui a eu une influence considérable sur beaucoup de gens, à commencer par moi. Je suis fréquemment surpris du faible nombre de personnes qui ont compris les leçons que donne Robert Kiyosaki.

Deux leçons très simples sont à retenir:

D’abord qu’il ne faut pas confondre les Assets (actifs) qui mettent de l’argent dans la poche et les Liabilities (passifs) qui prennent l’argent de la poche.

Ensuite le CASHFLOW Quadrant

Tout est expliqué

Employé

E est pour employé. C’est la catégorie de ceux qui vendent leur temps pour de l’argent, c’est le salariat. Personnellement je n’étais pas fait pour ça et en suis sorti avant même d’y entrer.

Self Employed

S c’est l’indépendant. Il vend aussi son temps mais au travers d’une petite entreprise. C’était ma situation quand j’étais photographe ou même la mienne au début des éditions Leduc car le business n’avançait qu’en ma présence.

Business Owner

L’entreprise plus mature fonctionne même quand son propriétaire dort ou part en vacances. J’ai mis pas mal d’années à comprendre ça.

Investisseur

D’après Kiyosaki investir signifie acheter des Assets. C’est à dire des actifs qui mettent de l’argent dans la poche. Les choses les plus simples sont souvent vraies.

Ma fable de La Fontaine préférée

Quand on parle du français, ou a coutume de parler de la langue de Molière. Je trouve qu’on devrait aussi dire la langue de La Fontaine.

Le Loup et le Chien

Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
” Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. “
Le Loup reprit : “Que me faudra-t-il faire ?
Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. “
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
” Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. “
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

J’y pense souvent quand je croise un entrepreneur en recherche de financement ou à deux doigts de prendre un job salarié. Faut-il préférer être un chien gras ou un loup affamé mais libre ?

Avec les illustrations de Benjamin Rabier