Un an déjà

En regardant mon journal, j’ai remarqué que cela fait pile un an que j’ai pris la décision de céder mes parts (82,5%) dans les éditions Leduc.s.

Début 2018, nous étions en pleine démarche pour faire entrer un fonds d’investissement et lever de la dette pour financer la croissance.

Le déclencheur :

Fin juillet je me rendais à la Fnac rue de Rennes qui a toujours été un point de repère pour moi puisque j’y vais depuis les années 80.

C’est sans doute un détail mais je remarque une femme de 60 ans environ qui était en train de téléphoner en utilisant le casque de son smartphone. Je continue à regarder dans la rue autour de moi et constate qu’elle n’est pas la seule et que le geste de porter son combiné à l’oreille pour téléphoner est en passe de devenir obsolète.

Ma visite des rayons de la Fnac m’a aussi éclairé d’une autre façon. J’étais bien sûr fier de voir nos livres relativement bien mis en place. Mais malgré une production abondante, j’ai eu le sentiment que l’on arrivait au bout d’un système, et je me suis mis à me demander si la Fnac serait toujours là pour vendre nos livres dans 5 ans.

J’ai réalisé que les temps avaient changé et j’ai repensé à une leçon entendue à Stanford sur la courbe en S de l’innovation, l’évolution n’est jamais linéaire, elle se fait par palier et par des accélérations. C’est aussi ce qu’explique Peter Diamandis avec ses 6 D, c’est souvent quand on commence à avoir un sentiment de déception que se produit l’inflexion.

J’aime le livre, le monde du livre. Je continue à lire des livres et en acheter (beaucoup trop). Mais j’ai réalisé ce jour que si le marché du livre avait gardé une grande stabilité ces dernières années en France, mais j’ai acquis la certitude que cette stabilité allait avoir une fin, que le marché allait bouger et que le mouvement de concentration du monde de l’édition allait devoir accélérer.

La position des éditions Leduc.s en tant que petit groupe indépendant et généraliste était certes un succès mais son futur ne pouvait s’envisager qu’au sein d’un plus grand ensemble.

A la rentrée de septembre, j’appelle nos partenaires historiques de chez Albin Michel et nous faisons affaire avant la fin de l’année 2018.

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