Arbres et capital

Ce matin au marché d’Aubagne un retraité m’accoste. C’est le parti des ouvrier ou quelque chose du genre (?) qui appelait à réagir contre Macron qui serait en train de détricoter les retraites. Il m’explique qu’il est plus juste que les jeunes paient la retraite des plus vieux, que le pire à venir est la retraite par capitalisation.

Capitalisme

L’étymologie du capital nous parle de têtes et de cheptel. Quand le compte en banque n’existait pas, on investissait dans un troupeau en achetant simplement quelques bêtes qui rapportaient des intérêts en grossissant et en faisant des petits. C’est ce que faisait le papa de Tatiana qui achetait un veau quand il avait un peu d’argent d’avance.

Côté paternel, dans ma famille des Vosges la tradition était plutôt dans la forêt et les anciens avaient pour habitude d’investir leurs surplus dans des parcelles de bois. Ça servait à la fois d’épargne et d’assurance. Les arbres poussent tout doucement mais l’essentiel était d’avoir toujours la capacité de faire des retraits en cas de besoin, c’est à dire d’avoir toujours des arbres prêts à couper.

Cette vision m’étonnait quand enfant j’aidais mon grand père à planter des arbres. Je me demandais pour quelle raison il se fatiguait ainsi alors qu’il ne les verrait jamais assez grands pour en profiter.

Nous n’avons plus toutes ces forêts mais j’en garde la conviction qu’il est de ma responsabilité de toujours capitaliser.

La bêtise selon Brel

Je ne m’en lasse pas…

« La bêtise c’est un type qui vit et qui se dit « ça me suffit, je vis, je vais bien, ça me suffit » et il se botte pas le cul tous les matins en disant : « c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses ». C’est de la paresse la bêtise »

Liberté d’expression

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Cette phrase qu’on attribue souvent à tort à Voltaire va probablement être reprise à l’heure où il est question d’interdire de spectacle le comique Dieudonné.

Dieudonné dépasse les bornes, joue avec les tabous et symboles antisémites, manipule des thèses de complot. Bref, il est dangereux. Mais l’interdire c’est aussi interdire le débat, c’est aussi discréditer la recherche de la vérité. C’est pour ça que cette interdiction me met mal à l’aise : aujourd’hui on interdit Dieudonné et demain, pourquoi ne pas interdire blogs, publications et même les livres !

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Ne nourrissez pas le troll ! est une expression bien connue dans l’univers des blogs. Le conseil est tout simple, quand un individu s’insère dans une conversation avec l’idée de provoquer ou de tirer le débat vers le bas, le plus simple et le plus sage est de l’ignorer car en lui répondant, on le renforce.

Je crois que c’est ce qui se passe avec Dieudonné et Soral, plus ils seront interdits, plus ils se renforceront et plus le gouvernement sera tenté de les interdire comme il tentera d’interdire toute discussion sur les sujets qu’ils abordent. Cela m’attriste.