Le partage du gâteau

C’est une infographie du Parisien partagée encore sur Facebook qui me fait réagir : Le partage de la valeur d’un livre en France.

D’après cet article, sur chaque livre :

  • Le libraire touche 36%
  • l’éditeur 21%
  • le distributeur 20%
  • l’imprimeur 15%
  • et l’auteur seulement 8%

Je ne remets pas en question ces pourcentages qui sont des moyennes et me semblent assez justes.

Cette infographie laisserait penser que le libraire se prend la grosse part du gâteau. On est bien loin du compte.

Dans la réalité, l’économie du livre fonctionne sur des flux de nouveautés, des retour d’invendus et des stocks colossaux qui ne sont pas pris en compte dans cette représentation.

le compte d’exploitation

Si on prend l’économie d’une nouveauté éditoriale, on peut regarder les choses sous un autre angle. Un cas assez classique est une nouveauté imprimée à 3000 exemplaires et qui se vend à 1800 exemplaires. Dans le monde du livre, cela représente déjà un succès pour une nouveauté.

Investissements éditoriaux :

  • Avance à l’auteur : 3000 euros
  • relectures et mise en page : 2500 euros
  • Couverture : 2000 euros
  • Marketing et lancement : 700 euros
  • Impression : 3000 euros

Au total l’investissement représente un peu plus de 10 000 euros.

Du côté des recettes, les pourcentages du Parisien sont assez justes mais :

  • l’imprimeur est payé sur le nombre d’exemplaires produits et pas sur les exemplaires vendus. Il touche ses 3000 euros tant que l’éditeur est solvable ;
  • La distribution et le libraire ne sont payés que sur les exemplaires vendus et rien sur les exemplaires invendus. Dans notre exemple, pour un livre à 22 euros HT, cela représente un chiffre d’affaires de 22 x 1800 x (20+36%) = 22,176 euros ;
  • Les ventes couvrent l’avance de l’auteur (22 euros x 1800 exemplaires x 8% = 3168 euros). L’auteur touche des royalties de 168 euros ;
  • pour l’éditeur, les recettes sont de 1800 exemplaires x 22 euros x 44% soit 17,424 euros. Soit une marge d’environ 7000 euros qui lui permet de payer son loyer et ses salariés.

Dans le cas trop fréquent ou le livre se vend moins. Par exemple à 1000 exemplaires :

  • L’imprimeur touche ses 3000 euros
  • La distribution et la librairie sur les exemplaires vendus
  • l’avance de l’auteur n’est pas couverte mais il garde ses 3000 euros
  • L’éditeur touche 1000 exemplaires x 22 euros x 44% = 9680 euros. Une perte qu’il faudra compenser sur d’autres livres.

La loi des nombres (tautologies)

C’est bien de regarder les chiffres par le petit bout de la lorgnette mais il ne faut pas se cacher la véritable réalité du marché :

  • un imprimeur qui gagne de l’argent imprime beaucoup de livres ;
  • le distributeur doit faire tourner beaucoup pour être rentable. Ils sont dans une course à la taille ;
  • le libraire ne gagne qu’avec les passages en caisse. Il faut que son stock tourne rapidement ;
  • les auteurs qui gagnent leur vie avec le livre en écrivent beaucoup, cela multiplie leurs chances de succès ;
  • les éditeurs doivent produire assez de livres à l’équilibre pour couvrir leurs frais de structure. Et espèrent un best-seller de temps en temps.

Le site du Club Nouvelles Clés

Toujours agréable de lire qu’un de nos livres est attendu 😉 Voici la présentation du dernier livre de Danièle Festy Mes secrets de pharmacienne.

L’avis du Club

Un nouveau livre de Danièle Festy est toujours un heureux événement ! En effet, peu d’auteurs associent avec autant de talent efficacité, humanité, mais aussi recul par rapport à notre société. Les Français consomment, selon les molécules, de deux à dix fois plus de médicaments allopathiques que leurs voisins. C’est inutile et dangereux, alors même que, dans la plupart des cas, des solutions naturelles existent. De A comme acidité gastrique à Z comme zona, Danièle Festy répertorie cent trente-cinq de nos maux les plus courants et présente les façons simples et naturelles de les prévenir et de les traiter. C’est avec une grande pédagogie – comme jadis dans sa pharmacie – qu’elle nous explique ce que signifie chaque trouble et pourquoi la plante, l’huile essentielle, l’oligo-élément, le granule homéopathique ou l’aspirine peuvent avoir un effet apaisant et curatif. Un guide à suivre en toute confiance.

(Via Le site du Club Nouvelles Clés)

Le nègre ou l’écrivain fantôme

Quand j’ai rencontré Robert Greene en 2009, j’ai été beaucoup séduit par le personnage. Cultivé, parlant parfaitement le français, etc. On a passé une belle après-midi ensemble à Los Angeles et toute l’équipe des éditions Leduc garde un excellent souvenir de son passage à Paris.

Nous avons bien sûr discuté du livre qui sortait à l’époque aux USA : the 50th Law (que nous avons traduit par la 50e loi).

Robert Greene & Stephane Leduc

Le nègre

Robert m’a expliqué que 50 cent, comme beaucoup de membres de la communauté noire, avait lu les 48 lois du pouvoir et en était un grand fan. Il faut dire que ce livre est un mythe dans certaines communautés, en particulier dans le milieu hip hop.

Au départ, 50 cent avait contacté Robert dans l’intention de l’embaucher comme « gost writer » pour le livre qu’il projetait d’écrire. A la fin du premier rendez-vous, ils ont choisi de l’écrire ensemble, c’est ce qui a donné la 50e loi.

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Stratégie, les 33 lois de la Guerre

Cet hiver, en raccompagnant Robert Greene à l'aéroport, j'en ai profité pour lui faire visiter le tombeau de Napoléon qui se trouve sous le dôme des Invalides à Paris. Ça l'a beaucoup ému car depuis qu'il a écrit le premier tome de sa trilogie amorale, les 48 lois du Pouvoir, Robert vit avec ces personnages historiques. Cette visite a aussi été pour nous l'occasion de discuter de son livre intitulé WAR en anglais et dont la traduction était en cours. Je vous livre là un extrait de la préface qui est une bonne présentation de l'ouvrage :

Stratégie, les 33 lois de la guerre  est un condensé de la sagesse séculaire des leçons et principes de l’art de la guerre. Ce livre est fait pour vous armer de connaissances pratiques qui vous donneront les moyens de garder l’avantage face aux guerriers qui vous assaillent tous les jours.

Chaque chapitre porte sur un problème spécifique auquel nous sommes régulièrement confrontés. Comment se battre avec une armée sous-motivée ? Peut-on éviter de gaspiller de l’énergie en combattant sur plusieurs fronts ? Comment réduire le gouffre entre ce que l’on avait prévu et la réalité ? Comment se tirer d’un piège ? Vous pouvez lire le chapitre qui concerne votre problème du moment. Mais, mieux encore, lisez les 33 lois stratégiques, appropriez-les vous, faites-en les armes de votre arsenal mental. Même lorsque vous tenterez d’éviter le combat, beaucoup de ces stratégies vous seront utiles pour apprendre à vous défendre et à déterminer de quoi l’autre est capable. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des doctrines ou des formules à appliquer, mais des points de repère pour se lancer dans le combat, des graines qui, bien plantées, feront germer en vous le stratège qui y sommeille.

Les stratégies elles-mêmes sont tirées des écrits et des hauts faits de grands généraux de l’histoire (Alexandre le Grand, Hannibal, Gengis Khan, Napoléon Bonaparte, Shaka Zulu, William Tecumseh Sherman, Erwin Rommel, Võ Nguyên Giáp) et de grands stratèges (Sun Zi, Miyamoto Musashi, Carl von Clausewitz, Charles Ardant du Picq, T. E. Lawrence, le colonel John R. Boyd). Ce large éventail va des stratégies basiques aux stratégies non conventionnelles, « sales », des temps modernes. Le livre est divisé en cinq parties : la guerre contre soi-même (préparer son esprit au combat) ; la guerre organisée (structurer et préparer son armée) ; la guerre défensive ; la guerre offensive ; la guerre non conventionnelle (ou « guerre sale »). Chaque chapitre est illustré d’exemples historiques tirés des grands combats de l’histoire, mais aussi de la politique (Margaret Thatcher), de la culture (Alfred Hitchcock), des sports (Mohamed Ali), du monde des affaires (John D. Rockefeller) : cela montre bien le lien étroit qui relie le domaine de la guerre à la vie de tous les jours. Ces stratégies peuvent être appliquées à des combats de tous niveaux : la guerre organisée, la concurrence en affaires, la politique d’un groupe, et même les relations individuelles.

Finalement, la stratégie est un art qui exige non seulement une manière de penser différente, mais aussi une autre approche de la vie en général. Un gouffre sépare trop souvent nos idées et connaissances d’un côté, et nos expériences quotidiennes de l’autre. Nous intégrons des informations futiles qui occupent de l’espace mental sans servir aucunement. Nous lisons des livres divertissants, mais sans aucun rapport avec notre quotidien. Nous avons d’éminentes idées que nous ne mettons pas en pratique. Mais nous avons aussi beaucoup d’expériences potentiellement enrichissantes que nous n’analysons pas suffisamment, dont on ne s’inspire pas, dont on ne tire aucune leçon. La stratégie maintient les deux domaines en contact permanent : c’est la connaissance pratique sous sa forme la plus haute. Les événements de la vie courante n’ont aucun sens si vous ne les analysez pas de manière approfondie ; les idées contenues dans les livres vous sont inutiles si elles ne trouvent pas d’application au quotidien. En stratégie, la vie est comme un jeu auquel on se prête. Ce jeu est très excitant, mais demande aussi beaucoup d’attention et de sérieux. Les enjeux sont énormes. Ce que vous savez doit être mis en pratique et chaque action doit vous apprendre quelque chose. La stratégie devient alors un défi sans cesse renouvelé, et la source constante du plaisir que l’on éprouve à surmonter les difficultés et à résoudre les problèmes.

Qu’importe ce qu’on en dit, l’essentiel est qu’on en parle.

Ce serait la réplique de Sarah Bernhard à qui on faisait état de très mauvaises critiques dans la presse. Je suis tenté de la citer souvent tant je suis persuadé que c’est vrai.
Pour aller un peu plus loin, je me permets de citer ce passage de Balzac, dans les Illusions perdues :

Je rends compte aujourd’hui des théâtres du boulevard, presque gratis, dans le journal qui appartient à Finot, ce gros garçon qui déjeune encore deux ou trois fois par mois au café Voltaire (mais vous n’y allez pas !). Finot est rédacteur en chef. Je vis en vendant les billets que me donnent les directeurs de ces théâtres pour solder ma sous-bienveillance au journal, les livres que m’envoient les libraires et dont je dois parler. Enfin je trafique, une fois Finot satisfait, des tributs en nature qu’apportent les Industries pour lesquelles ou contre lesquelles il me permet de lancer des articles. L’ Eau carminative , la Pâte des Sultanes , l’ Huile-céphalique , la Mixture brésilienne payent un article goguenard vingt ou trente francs. Je suis forcé d’aboyer après le libraire qui donne peu d’exemplaires au journal : le journal en prend deux que vend Finot, il m’en faut deux à vendre. Publiât-il un chef-d’œuvre, le libraire avare d’exemplaires est assommé. C’est ignoble, mais je vis de ce métier, moi comme cent autres ! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption. Chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu. Quand il s’agit d’une entreprise de librairie un peu considérable, le libraire me paye, de peur d’être attaqué. Aussi mes revenus sont-ils en rapport avec les prospectus. Quand le Prospectus sort en éruptions miliaires, l’argent entre à flots dans mon gousset, je régale alors mes amis. Pas d’affaires en librairie, je dîne chez Flicoteaux. Les actrices payent aussi les éloges, mais les plus habiles payent les critiques, le silence est ce qu’elles redoutent le plus. Aussi une critique, faite pour être rétorquée ailleurs, vaut-elle mieux et se paye-t-elle plus cher qu’un éloge tout sec, oublié le lendemain. La polémique, mon cher, est le piédestal des célébrités.

Balzac

David Gilmour, l’auteur du Film Club à Paris.

C'est un de nos coups de cœur aux éditions Leduc : Le Film Club. L'auteur, David Gilmour y raconte comment il s'est rapproché de son fils à un moment particulièrement sensible de l'adolescence.

David Gilmour nous résume cela dans cette vidéo, et c'est en français. David sera à Paris fin avril, juste avant le festival de Cannes et ce sera une belle occasion pour parler cinéma.

En résumé, David Gilmour comprend que son fils Jesse déteste l'école et qu'il faut trouver une solution avant que l'échec ne soit définitif. Il décide de lui faire arrêter l'école à condition qu'ils regardent ensemble trois films par semaine. Le cinéma est un bon prétexte pour passer des moments ensemble et c'est aussi la trame de fond du livre qui donne envie de voir ou revoir des dizaines de films parmi lesquels (choix personnels) Docteur Folamour, La Vie est belle, Jackie Brown, Certains l'aiment chaud, etc. 

La liste complète des films est ici : Téléchargement Liste-film-club C'est également une dimension intéressante du livre, l'auteur connaît tellement bien le sujet que l'on peut pour ainsi dire le lire comme une histoire du cinéma mondial.

Ce livre m'a beaucoup touché (C'est sans doute parce que je n'aimais pas non plus l'école. Moi ce sont les livres qui m'ont sauvé…) et il touchera, j'en suis sûr, tous les fils, les pères, et celles qui vivent avec eux (plus les cinéphiles bien entendu ;).

Un autre vidéo avec le père et le fils qui parlent ensemble du livre (cette fois ci, c'est en anglais), une belle complicité entre deux hommes.

Un extrait du livre :

« Alors, est-ce que tu as réfléchi à ce que nous nous
sommes dit ? » demandai-je.

Je voyais bien qu’il avait envie de se relever, mais cela lui était impossible. Il regarda tout autour de lui, comme si cette contrainte l’irritait. Puis il approcha son visage pâle du mien, comme pour me révéler un secret. « La vérité, chuchota-t-il, c’est que je ne veux plus jamais voir une salle de cours de toute ma vie. »

Mon estomac se noua. « C’est d’accord, alors. »

Il me dévisagea, le souffle coupé. Il attendait la contrepartie du donnant-donnant. « Juste une chose, dis-je. Tu n’auras pas à travailler, tu n’auras pas à payer une partie du loyer. Tu pourras te lever tous les jours à dix-sept heures si tu veux. Mais pas de drogue. Enfreins cette règle, et le marché tombe à l’eau.

– D’accord, répondit-il.

– Je suis très sérieux. Je te balance un immeuble entier sur la gueule si tu tombes là-dedans.

– D’accord.

– Une dernière chose », ajoutai-je. J’avais un peu l’impression de jouer à l’inspecteur Columbo.

« Quoi?

– Je veux que tu regardes trois films par semaine avec moi. C’est moi qui ferai la sélection. C’est la seule instruction que tu recevras.

– Tu te fous de moi», finit-il par dire au bout d’un moment.

Je ne perdis pas de temps. Dès le lendemain après-midi, je le fis s’asseoir sur le canapé bleu du salon, moi à droite, lui à gauche, je tirai les rideaux, et lui fis voir Les Quatre Cents Coups de François Truffaut (1959). Je m’étais dit que c’était une bonne introduction au cinéma d’art et d’essai européen, films qui, je le savais, l’ennuieraient jusqu’à ce qu’il ait appris à les regarder. Apprécier ces films, c’est comme apprendre une exception en grammaire.

Extrait du Film Club, David Gilmour.

Le film club

Robert Greene, un bon lancement !

Nous avons profité du café de l'amour organisé mercredi avec Robert Greene pour faire une visite au Virgin des Champs Elysées qui se trouve en face. La bonne surprise c'est qu'à peine une semaine après son lancement, l'Art de la séduction est déjà bien placé dans les listes (entre Jospin et l'Homme qui voulait être heureux… devant Chirac et Sarkozy ;-). Power, les 48 lois du pouvoir se trouve toujours dans la même liste !

Robert Greene est reparti pour Los Angeles ce week-end après une semaine intense durant laquelle il a répondu à de nombreuses interviews. Hélène nous fera un résumé de sa semaine sur le blog des éditions leduc.s

Vous pouvez allez voir par exemple son interview video sur Voici.fr On y apprend par exemple que Paris Hilton a lu deux livres en prison : La Bible et l'Art de la Séduction.

Enfin, je vous invite à voir son interview par Michael (qui va s'acheter un nouveau micro 😉 sur Esprit Riche.

Une rencontre avec Robert Greene

Comme prévu, j'ai retrouvé lundi Robert Greene au bar de la piscine de l'hôtel Roosevelt sur Hollywood Boulevard. Une anecdote : de l'autre côté de la piscine, j'aperçois sur une chaise longue un lecteur de POWER, il sera très surpris de voir arriver vers lui l'auteur en personne, un stylo à la main pour lui dédicacer son exemplaire. Je ne sais pas vous mais j'aime bien ce genre d'imprévu 😉

Robert Greene

Nous avons ensuite pu nous rendre chez lui sur les hauteurs de Hollywood. Robert Greene s'exprimant dans un français presque parfait, nous avons pu enregistrer quelques séquences vidéos que je vous ferai partager dans les prochaines semaines.

Pour en savoir plus et échanger au sujet de ses livres, je vous invite à participer à la communauté des lecteurs de POWER en français.