Ne mangez jamais seul

Du titre d’un livre de Keith Ferrazzi, Never Eat Alone que j’ai lu il y a bien longtemps. On ne l’a pas traduit en français, dans mon souvenir les exemples étaient trop américains. Il aurait fallu tout réécrire.

Le concept est simple : il est tellement essentiel de réseauter qu’il serait une grave erreur de manger seul.

Dans ma situation d’expatrié j’essaye d’optimiser mes passages parisiens. J’étais donc très déçu que ma soirée de mercredi soit annulée. Plutôt que de contacter les relations une par une, j’ai passé le message sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas déçu par le résultat, cela me donnera l’occasion de revoir des amis que je n’avais pas vu depuis trop longtemps.

On s’interroge souvent sur la pertinence des réseaux sociaux mais y être actif offre de belles récompenses, cela ouvre des opportunités.

Les 3 lois du business

Encore une de mes blagues préférées, quelles sont les 3 lois du business ?

Réponse :

  1. Le cash-flow
  2. Le cash-flow
  3. Le cash-flow

En prime on peut ajouter une 4e loi : le cash-flow !

Cela peut paraître absolument stupide mais surveiller le cash doit toujours être la priorité. Normalement quand les encaissements sont supérieurs aux décaissements, le business respire. C’est le premier indicateur. Et bien sûr le cash vient des clients.

Adieu veau, vache, cochon, couvée

Une autre fable de La Fontaine me fait souvent réfléchir. (La première étant le Loup et le Chien)

Dans tout projet, dans toute négociation, il est important de rêver au résultat mais il ne faut pas oublier de surveiller ses pieds.

La Laitière et le Pot au lait

Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait

Bien posé sur un coussinet,

Prétendait arriver sans encombre à la ville.

Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;

Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,

Cotillon simple, et souliers plats.

Notre laitière ainsi troussée

Comptait déjà dans sa pensée

Tout le prix de son lait, en employait l’argent,

Achetait un cent d’oeufs, faisait triple couvée ;

La chose allait à bien par son soin diligent.

Il m’est, disait-elle, facile,

D’élever des poulets autour de ma maison :

Le Renard sera bien habile,

S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.

Le porc à s’engraisser coûtera peu de son ;

Il était quand je l’eus de grosseur raisonnable :

J’aurai le revendant de l’argent bel et bon.

Et qui m’empêchera de mettre en notre étable,

Vu le prix dont il est, une vache et son veau,

Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?

Perrette là-dessus saute aussi, transportée.

Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;

La dame de ces biens, quittant d’un oeil marri

Sa fortune ainsi répandue,

Va s’excuser à son mari

En grand danger d’être battue.

Le récit en farce en fut fait ;

On l’appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?

Qui ne fait châteaux en Espagne ?

Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,

Autant les sages que les fous ?

Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux :

Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :

Tout le bien du monde est à nous,

Tous les honneurs, toutes les femmes.

Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;

Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi ;

On m’élit roi, mon peuple m’aime ;

Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :

Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;

Je suis gros Jean comme devant.

Le partage du gâteau

C’est une infographie du Parisien partagée encore sur Facebook qui me fait réagir : Le partage de la valeur d’un livre en France.

D’après cet article, sur chaque livre :

  • Le libraire touche 36%
  • l’éditeur 21%
  • le distributeur 20%
  • l’imprimeur 15%
  • et l’auteur seulement 8%

Je ne remets pas en question ces pourcentages qui sont des moyennes et me semblent assez justes.

Cette infographie laisserait penser que le libraire se prend la grosse part du gâteau. On est bien loin du compte.

Dans la réalité, l’économie du livre fonctionne sur des flux de nouveautés, des retour d’invendus et des stocks colossaux qui ne sont pas pris en compte dans cette représentation.

le compte d’exploitation

Si on prend l’économie d’une nouveauté éditoriale, on peut regarder les choses sous un autre angle. Un cas assez classique est une nouveauté imprimée à 3000 exemplaires et qui se vend à 1800 exemplaires. Dans le monde du livre, cela représente déjà un succès pour une nouveauté.

Investissements éditoriaux :

  • Avance à l’auteur : 3000 euros
  • relectures et mise en page : 2500 euros
  • Couverture : 2000 euros
  • Marketing et lancement : 700 euros
  • Impression : 3000 euros

Au total l’investissement représente un peu plus de 10 000 euros.

Du côté des recettes, les pourcentages du Parisien sont assez justes mais :

  • l’imprimeur est payé sur le nombre d’exemplaires produits et pas sur les exemplaires vendus. Il touche ses 3000 euros tant que l’éditeur est solvable ;
  • La distribution et le libraire ne sont payés que sur les exemplaires vendus et rien sur les exemplaires invendus. Dans notre exemple, pour un livre à 22 euros HT, cela représente un chiffre d’affaires de 22 x 1800 x (20+36%) = 22,176 euros ;
  • Les ventes couvrent l’avance de l’auteur (22 euros x 1800 exemplaires x 8% = 3168 euros). L’auteur touche des royalties de 168 euros ;
  • pour l’éditeur, les recettes sont de 1800 exemplaires x 22 euros x 44% soit 17,424 euros. Soit une marge d’environ 7000 euros qui lui permet de payer son loyer et ses salariés.

Dans le cas trop fréquent ou le livre se vend moins. Par exemple à 1000 exemplaires :

  • L’imprimeur touche ses 3000 euros
  • La distribution et la librairie sur les exemplaires vendus
  • l’avance de l’auteur n’est pas couverte mais il garde ses 3000 euros
  • L’éditeur touche 1000 exemplaires x 22 euros x 44% = 9680 euros. Une perte qu’il faudra compenser sur d’autres livres.

La loi des nombres (tautologies)

C’est bien de regarder les chiffres par le petit bout de la lorgnette mais il ne faut pas se cacher la véritable réalité du marché :

  • un imprimeur qui gagne de l’argent imprime beaucoup de livres ;
  • le distributeur doit faire tourner beaucoup pour être rentable. Ils sont dans une course à la taille ;
  • le libraire ne gagne qu’avec les passages en caisse. Il faut que son stock tourne rapidement ;
  • les auteurs qui gagnent leur vie avec le livre en écrivent beaucoup, cela multiplie leurs chances de succès ;
  • les éditeurs doivent produire assez de livres à l’équilibre pour couvrir leurs frais de structure. Et espèrent un best-seller de temps en temps.

Test avec Ulysses

Cela fait un moment que j’entends parler de cette application mais comme je n’avais pas envie de payer un abonnement supplémentaire pour un logiciel d’écriture, je n’en voyais pas l’intérêt.

Puis j’ai compris que Ulysses permettait de publier directement sur WordPress, j’ai été tenté d’essayer. C’est ce que je suis en train de faire.

Je découvre un système pour écrire très complet et élégant. Il n’y a rien de trop, tout se synchronise entre iOS et Mac. C’est léger et simple. Bref je suis séduit.

Ma dope s’appelle ristretto

Je suis tolérant mais j’avoue à avoir du mal à comprendre le matin les gens qui commandent devant moi des cafés allongés, flat white et autres americanos, etc. Ils repartent avec un gobelet qu’ils sirotent longuement tout en marchant.

Non, non, non ! Je suis désolé mais le café quand il est bon ne s’apprécie qu’en shot court.

Ristretto per favor!

Ce que je pense des intuitions

Il paraît que je suis un intuitif. J’aime penser que je suis un être rationnel mais j’ai compris que la rationalité venait souvent après que la décision soit prise, pour la confirmer.

Mais c’est quoi l’intuition ?

On a raison de s’en méfier, l’intuition est une porte qu’on laisse ouverte sur l’inconscient.

Il paraît que notre cerveau conscient, ne représente que 10% de notre cerveau. Les 90% ne sont pas inactives, bien au contraire mais comment les écouter, utiliser ? Ce cerveau enfoui laisse passer des indices. Ce sont les rêves, les lapsus et probablement aussi les intuitions qui nous font juger une situation, une personne.

Sans doute que comme pour les rêves, il ne faut pas prendre les intuitions à la lettre, mais plutôt pour un indice, une indication que quelque chose est juste ou ne l’est pas.

C’est dangereux si on les écoute sans les analyser. Certaines intuitions permettent de sauver des situations, détecter un mensonge par exemple mais d’autres font juger à l’emporte pièce, injustement.

Être intuitif c’est écouter ce que disent nos « tripes » car souvent on sait inconsciemment ce qu’on pense d’une personne, une situation, un problème. Il ne faut pas prendre les décisions sur la base de ses intuitions mais prendre le temps d’analyser ce qu’elle nous disent.

Un bon exemple est le recrutement. Embaucher quelqu’un c’est vérifier que la personne a les compétences requises pour le poste. C’est entièrement mesurable et testable. Mais c’est aussi prendre le pari que l’attitude sera la bonne dans la durée, que le relationnel sera bon avec l’équipe… les intuitions nous disent beaucoup.

Sur l’attitude et le relationnel, on n’a que quelques signes. Il y a bien sûr l’enquête que l’on peut faire auprès d’anciens employeurs ou anciennes équipes. Mais c’est souvent insuffisant et on prend la décision avec une part d’incertitude.

Les intuitions sont des indices. Bien employées ils peuvent guider vers des questions que l’on n’aurait pas posées autrement. Mais si on se laisse emporter par elles, qu’on ne prend pas le temps de les analyser, on tombe dans le travers des décisions irrationnelles, des préjugés, etc.

Arbres et capital

Ce matin au marché d’Aubagne un retraité m’accoste. C’est le parti des ouvrier ou quelque chose du genre (?) qui appelait à réagir contre Macron qui serait en train de détricoter les retraites. Il m’explique qu’il est plus juste que les jeunes paient la retraite des plus vieux, que le pire à venir est la retraite par capitalisation.

Capitalisme

L’étymologie du capital nous parle de têtes et de cheptel. Quand le compte en banque n’existait pas, on investissait dans un troupeau en achetant simplement quelques bêtes qui rapportaient des intérêts en grossissant et en faisant des petits. C’est ce que faisait le papa de Tatiana qui achetait un veau quand il avait un peu d’argent d’avance.

Côté paternel, dans ma famille des Vosges la tradition était plutôt dans la forêt et les anciens avaient pour habitude d’investir leurs surplus dans des parcelles de bois. Ça servait à la fois d’épargne et d’assurance. Les arbres poussent tout doucement mais l’essentiel était d’avoir toujours la capacité de faire des retraits en cas de besoin, c’est à dire d’avoir toujours des arbres prêts à couper.

Cette vision m’étonnait quand enfant j’aidais mon grand père à planter des arbres. Je me demandais pour quelle raison il se fatiguait ainsi alors qu’il ne les verrait jamais assez grands pour en profiter.

Nous n’avons plus toutes ces forêts mais j’en garde la conviction qu’il est de ma responsabilité de toujours capitaliser.

La différence entre comptabilité et gestion

Encore une belle erreur ou une belle leçon que je n’ai pas encore totalement digérée.

En démarrant un business, l’erreur fréquente est d’attendre de son comptable une aide pour organiser la gestion de son entreprise. Bien trop souvent, les experts-comptables ne le font pas et se cantonnent à exercer l’activité qu’ils ont apprise : tenir les livres légaux et faire les déclarations fiscales (et celles que l’on appelle sociales en France).

C’est bien dommage car l’entreprise manque tellement souvent d’une véritable direction financière, de conseils pour construire son cash-flow et comprendre son activité, ses marges, ses budgets…

Le métier de comptable se transforme, les tâches les plus basiques comme la saisie d’écritures sont de plus en plus automatisées. Cela va faire mourir certains cabinets mais va donner à d’autres l’occasion de se positionner sur ce conseil qui manque tellement souvent.